25 janvier 2013

Fifty shades of Grey

50

Bon, si tu as suivi, mon fan, tu sais que je suis documentaliste. Et que j'aime lire. Je baigne donc jour et nuit dans les livres, revues, et autres documents imprimés ou non. Bon, OK, en règle générale ça cause tribologie, et prothèse de membre inférieur, mais c'est pas l'essentiel.

Et de quoi parlent deux documentalistes qui se rencontrent ? De livres, oui.

Donc, un jour où je cherchais une idée de cadeau pour l'une des tantes de mon mari, ma chèfe passe en mode excitation totale et me cite le top 3 des meilleurs bouquins à acheter, sans grande précision. Ma chèfe surexcitée, bworf, ça n'a rien d'extraordianire. Seulement, moi, j'ai une mémoire de poissons rouge, et le seul truc que je retiens c'est que l'un des titres parle de nuances de couleurs.
Me voilà donc au Hall du livre de Nancy (lieu de perdition pour lecteur s'il en est), je demande un livre dont le titre ressemble à des tons de gris. Regard vide de la vendeuse, qui soudain s'illumine. Aaah ! vous parlez des "50 nuances de Grey ?", suivi de ce que je suis sûre d'avoir été un clin d'oeil. "Oui, oui, on l'a. Mais il n'existe pas encore en français." OK, je le prends en anglais pour moi. Re-clin d'oeil. M'en fous, puisque c'est ça je vais acheter des chaussures. (Parce que oui : je suis en mode nunuche quand je vais à Nancy. Heureusement que je n'y vais pas souvent !)
Le lendemain, je dis à ma chèfe que j'ai acheté l'un de ses bouquins. "Oh, mais j'ai oublié de te dire que c'est un bouquin de cul." Ah oui, t'as dû oublier. (Et c'est à ce moment-là que j'ai été très heureuse que la traduction française ne soit pas sortie à temps pour l'anniversaire de jolie-tata.)

J'ai donc commencé ce bouquin vers le mois de novembre. Entre temps, j'avais vu deux ou trois fois des séquences du zapping avec Roseline Bachelot lisant des extraits très croustillants.
Chouette, me disais-je innocemment. Ça va changer des polars !

Conclusion : c'est bien, les polars !

Je reste sur ma première impression : c'est un peu le journal de Britney Jones où on saurait ce qui se passe pendant la pub. Personnages gnian-gnian au possible (le personnage principal féminin est gentil, honnête et innocent, le masculin est envoûtant, beau et riche, et les personnages secondaires sont encore plus baffables) et du "Ho, John, pourquoi notre amour est-il impossible ?"
Comme dirait une Thionvilloise anonyme, les scènes de cul sont plutôt efficaces. En effet, il n'y a rien de caché. Les soins prodigués par M. Grey à la nénette sont a priori suffisamment sympathiques pour qu'elle en redemande environ toutes les huit pages.
... Mais qu'est-ce qu'on s'emmerde !

Bon, je vais te faire économiser tes sous en te racontant l'histoire. Musique, j'y vais :

Début : Ana rencontre un homme (Christian Grey) multimillionnaire, beau, grand, bronzé, cultivé, et dont les pantalons en lin tombent sur les hanches (je n'ai jamais vraiment réussi à visualiser la chose). Elle perd tous ses moyens, elle qui n'a jamais été attirée par qui que ce soit auparavant. C'est décidé : elle l'aime bien. (Oui, parce que niveau vocabulaire ...)
Ensuite, elle tente de continuer sa vie d'étudiante brillante en fin de cycle, mais l'amour est plus fort que tout et elle fornique avec Grey. Qui a une salle de jeu spéciale avec une déco très-très cuir. Et qui lui propose de signer un contrat qui ferait d'elle sa dominée. 
L'amour est toujours plus fort que tout, donc ils forniquent à nouveau.
Après, elle signe, elle signe pas, bworf, elle ne sait pas. En attendant ils forniquent car l'amour est plus fort que ...

A la fin, on a un grand roman d'amour plus fort que tout et de fornication.

 

Je suis contente. Non, je suis heureuse d'avoir lu ce livre car à présent mon vocabulaire anglais s'est prodigieusement élargi.

Plus sérieusement, je pense que ce bouquin a tout de même un avantage majeur : c'est de faire de traiter de sexe de façon féminine. Ecrit par une femme, et que les femmes peuvent lire. OK, on n'adhére pas forcément aux pratiques sado-masochiste abordées dans ce livre, mais je ne connais pas d'autre livre où la femme aime le sexe de façon non coupable. D'habitude, soit elle aime ça car de toute façon c'est une vraie salope, soit elle fait l'amour avec l'homme de sa vie mais ça va parce qu'elle est amoureuse.
Suis-je la seule à ne me retrouver dans aucune de ces deux images ?
C'est toujours tout noir ou tout blanc. Pas de nuance. (Oh, tiens, des nuance ! et si je m'arrêtais sur ce mot ?) 

lectoratCrédit : Quelque part dans les limbes d'Internet

 

Posté par Gabuzomeuh à 22:29 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Fifty shades of Grey

    je l'ai échappé belle aussi sur ce coup là : j'ai failli l'acheter à ma fille pour Noël.

    Posté par pelsa57, 27 janvier 2013 à 09:43
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